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Lycéens Etudiants

  • Pourquoi

    Lorsque quelque chose nous résiste, nous cherchons à comprendre pourquoi. De fait, lorsque nous trouvons une explication, cela nous permet souvent de lever le blocage et de parvenir à nos fins. Souvent mais parfois non et c'est là qu'il devient intéressant de solliciter de l'aide.

    Nuage de Pourquoi

    J'explique à mes clients et patients que nous allons travailler à un autre niveau. Qu'importe le pourquoi – ce n'est plus utile à ce stade – nous allons plutôt chercher comment : comment avancer ?

    Du pourquoi au comment

    De cette façon je les invite à lâcher prise et à se laisser surprendre par ce qui viendra. Car en effet, ce qui aidera à avancer peut surprendre. Lorsqu'en plein travail, la personne s'arrête un instant pour dire : « je ne vois pas le rapport avec ce qu'on cherche », je l'encourage : « super, vous êtes sur la bonne piste ! » Et c'est vrai, la suite vient toujours le confirmer.

    Lâcher prise et se laisser surprendre

    C'est parfois un souvenir à la lumière duquel tout devient plus clair ou encore la découverte d'une ressource qui ouvre de nouveaux horizons. Le plus souvent c'est un nœud qui se défait et permet d'avancer vers le but imaginé. Il arrive aussi que ce soit une grande porte qui s'ouvre au point de laisser apparaître un nouveau but.

    Constater que la voie est libre

    Mathilde en avait marre de travailler. Après tant d'années, elle voulait mettre un terme à sa carrière et enfin vivre. Lors du bilan de l'accompagnement, elle s'est émerveillée : « je sais enfin travailler et je n'ai qu'une envie : continuer ! »

    Étienne cherchait désespérément un métier qui lui plaise. Il avait déjà essayé plusieurs pistes et regrettait d'avoir perdu beaucoup trop de temps. Après quelques mois, ce n'était plus du tout le sujet : il se réjouissait d'une confiance en lui toute nouvelle et de sa capacité à la cultiver seul désormais.

    Quel est ce pourquoi que vous avez déjà trop ressassé ? Oseriez-vous avancer vers un comment ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

     

     

     

  • Permis de conduire

    De nombreux parents s'en inquiètent, les auto-écoles avouent leur impuissance : les inscriptions pour la préparation au permis de conduire restent longtemps sans suite. Bien sûr on peut tenter des explications à cette désaffection des jeunes pour le précieux sésame :

    • une moindre envie de se projeter dans la vie d'adulte telle que nous l'incarnons (métro/boulot/dodo)
    • de nouvelles facilités de transport telles le covoiturage
    • la liberté d'explorer le monde et de faire des rencontres avec son smartphone...

    Livret de formation permis de conduire

    Les jeunes se désintéressent
    de ce qui nous semble important

    Les jeunes ont toujours rejeté une part de ce que proposaient les générations précédentes. Ce qui aujourd'hui nous désarçonne c'est que cela se fait sans conflit. Ils ne refusent rien. Simplement ils se désintéressent de ce que nous leur proposons. Et nous restons là, impuissants avec nos bonnes intentions.

    Le permis de conduire n'est qu'un exemple. Le projet professionnel en est un autre. En coaching d'orientation, mes collègues et moi le constatons : les lycéens actuels ont envie de savoir quoi faire à la rentrée prochaine, ils aiment qu'on les accompagne à la découverte d'eux-mêmes, mais quand il s'agit de construire un projet pour l'avenir, les séances de coaching s'espacent : pas disponibles, empêchements...

    Ils ne s'investissent que dans ce qui les motive

    Pourtant Manon savait ce qu'elle avait envie de faire plus tard...

    Quand elle finit par préciser son choix d'école, je m'étonne :
    - cela n'a rien à voir avec le métier que tu vises.
    Elle argumente avec conviction :
    - Je me connais et je ne vais pas m'épanouir dans les écoles qui sont recommandées pour aller vers ce que je veux. Il me faut des projets, du relationnel. Je n'ai trouvé ça que dans cette école.
    - Soit, mais quel rapport entre qui tu es et le métier que tu vas y apprendre ?
    - Je n'en vois pas mais ça va me plaire de réaliser des projets...

    Ils assument de construire en marchant

    C'est vrai, constatant le nombre de jeunes qui bifurquent au cours de leurs études, qui parfois laissent de côté leur diplôme pour se lancer dans tout autre chose, j'expliquais déjà aux parents que l'essentiel est d'avoir un projet qui donne envie d'avancer, quitte à ce qu'il évolue. Manon fait juste un pas de plus : elle assume d'avance qu'elle construira en marchant.

    C'est ce que nous montrent les jeunes à propos du permis de conduire : quand il devient incontournable pour décrocher le job qui leur fait vraiment envie, alors ils retrouvent le chemin de l'auto-école.

    Et si c'était une posture à faire nôtre dans ce monde où tout change tellement ? Que laisseriez-vous de côté parce que vous n'en voyez pas l'intérêt pour l'instant ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

     

  • Nouvelle culture

    Nos façons d'être en relation ont évolué
    avec l'arrivée des écrans

    Serge Tisseron* l'explique par l'émergence d'une culture des écrans comme il y avait une culture du livre. L'une et l'autre véhiculent des repères et des valeurs spécifiques. De l'une à l'autre se produisent 4 grands changements.

    enfant, livre, ordinateur

    Dans la relation au savoir

    • hier c'était la culture du Un (un seul lecteur, un seul auteur, imprimé c'est définitif...) et le savoir descendait verticalement,
    • aujourd'hui c'est la culture du Multiple (à plusieurs derrière l'écran, plusieurs créateurs, tout est provisoire...) et le savoir se déploie horizontalement dans des directions multiples.

    Dans la relation aux apprentissages

    • hier avec les dimensions Temporalité et Mémoire (pensée verbale linéaire, attention approfondie...) l'apprentissage se faisait par répétition,
    • aujourd'hui avec les dimensions Spatialité et Innovation (pensée en image spécialisée, hyper-attention, mémoire de travail...) l'apprentissage se fait par changement de stratégie et inhibition des apprentissages antérieurs.

    Dans la relation à l'identité

    • hier une Identité unique, stable conduisait, pour se protéger du conflit entre désirs et interdits, à refouler ses désirs,
    • aujourd'hui avec des Identités multiples, se protéger du conflit entre dépendance et séparation conduit au clivage.

    En matière de liens et de sociabilité

    • hier la proximité était Physique, avec ses proches, et l'on ne dévoilait pas trop son intimité pour préserver son appartenance au groupe,
    • aujourd'hui la proximité est motivée par le Partage d'intérêts, à travers toute la planète, et l'on cultive l'appartenance en exposant ses expériences les plus intimes (il se trouve toujours quelqu'un pour s'y reconnaitre !)

    Les deux cultures sont amenées à coexister

    Les deux cultures ont chacune des avantages : le livre permet de s'approprier son histoire, les écrans développent l'intelligence visiospatiale et la capacité à faire face à l'imprévisible...

    Les deux cultures sont amenées à coexister et les générations actuelles à s'enrichir mutuellement des ressources qu'elles tiennent de l'une et l'autre culture.

    Qu'avez-vous de précieux à partager et à recevoir ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    (*) je résume ici sa conférence dans le cadre du Club Stratégie et Avenir le 27 juin 2019 : Mieux comprendre les mutations sociétales et identitaires liées à la culture des écrans