Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Parents

  • La mouchitude

    Maximilien Brabec* était venu nous parler d'innovation et il tenait à nous faire comprendre que nos connaissances nous empêchent d'innover. Alors il relata une expérience : celle de la mouche et de l'abeille.

    Mouche

    Imaginez un tube dans lequel on fait entrer une abeille. Très vite l'abeille apprend qu'il y a une sortie à l'autre bout pour s'échapper et dès qu'on la fait entrer dans le tube elle file vers la sortie.

    Lorsque l'on réalise la même expérience avec une mouche, elle vole en tout sens, se cogne partout et, tout à fait par hasard, finit par arriver à la sortie. Lorsqu'on renouvelle l'expérience, tout se passe de la même manière. Elle n'apprend pas mais finit toujours par sortir.

    Bien sûr vous trouvez qu'il est plus intéressant d'être une abeille. Vous trouvez la mouche bien bête.

    Attendez, il y a une suite à l'expérience. On obture la sortie avec une plaque de verre et on recommence.

    Ce que nous avons appris nous empêche de nous adapter

    L'abeille fonce à la sortie et se cogne impuissante. Elle insiste et reste prisonnière dans le tube.

    La mouche vole en tout sens, se cogne partout et, tout à fait par hasard, finit par revenir à l'entrée et s'échapper.

    Certes ce n'est pas sympathique pour l'abeille mais la vie est-elle toujours sympathique avec vous ? Ne vous arrive-t-il pas d'essayer encore et encore, toujours de la même manière ?

    Alors face à ce constat, préférez-vous continuer à faire l'abeille ? Pourquoi n'essayeriez-vous pas n'importe quoi d'autre ? Une fois, deux fois, dix fois... n'importe quoi jusqu'à ce que ça marche ! Auriez-vous peur de passer pour une mouche ?

    C'est le moment d'essayer n'importe quoi d'autre

    Maximilien Brabec a donné des noms à ces deux attitudes : l'abeillitude et la mouchitude.

    Quel est cette situation où vous vous obstinez dans l'abeillitude ? Quand décidez-vous d'oser la mouchitude ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    (*) j'évoque ici sa conférence dans le cadre du Club Stratégie et Avenir le 28 mars 2019 : Comment rendre l'entreprise performante en désapprenance ?

  • Permis de conduire

    De nombreux parents s'en inquiètent, les auto-écoles avouent leur impuissance : les inscriptions pour la préparation au permis de conduire restent longtemps sans suite. Bien sûr on peut tenter des explications à cette désaffection des jeunes pour le précieux sésame :

    • une moindre envie de se projeter dans la vie d'adulte telle que nous l'incarnons (métro/boulot/dodo)
    • de nouvelles facilités de transport telles le covoiturage
    • la liberté d'explorer le monde et de faire des rencontres avec son smartphone...

    Livret de formation permis de conduire

    Les jeunes se désintéressent
    de ce qui nous semble important

    Les jeunes ont toujours rejeté une part de ce que proposaient les générations précédentes. Ce qui aujourd'hui nous désarçonne c'est que cela se fait sans conflit. Ils ne refusent rien. Simplement ils se désintéressent de ce que nous leur proposons. Et nous restons là, impuissants avec nos bonnes intentions.

    Le permis de conduire n'est qu'un exemple. Le projet professionnel en est un autre. En coaching d'orientation, mes collègues et moi le constatons : les lycéens actuels ont envie de savoir quoi faire à la rentrée prochaine, ils aiment qu'on les accompagne à la découverte d'eux-mêmes, mais quand il s'agit de construire un projet pour l'avenir, les séances de coaching s'espacent : pas disponibles, empêchements...

    Ils ne s'investissent que dans ce qui les motive

    Pourtant Manon savait ce qu'elle avait envie de faire plus tard...

    Quand elle finit par préciser son choix d'école, je m'étonne :
    - cela n'a rien à voir avec le métier que tu vises.
    Elle argumente avec conviction :
    - Je me connais et je ne vais pas m'épanouir dans les écoles qui sont recommandées pour aller vers ce que je veux. Il me faut des projets, du relationnel. Je n'ai trouvé ça que dans cette école.
    - Soit, mais quel rapport entre qui tu es et le métier que tu vas y apprendre ?
    - Je n'en vois pas mais ça va me plaire de réaliser des projets...

    Ils assument de construire en marchant

    C'est vrai, constatant le nombre de jeunes qui bifurquent au cours de leurs études, qui parfois laissent de côté leur diplôme pour se lancer dans tout autre chose, j'expliquais déjà aux parents que l'essentiel est d'avoir un projet qui donne envie d'avancer, quitte à ce qu'il évolue. Manon fait juste un pas de plus : elle assume d'avance qu'elle construira en marchant.

    C'est ce que nous montrent les jeunes à propos du permis de conduire : quand il devient incontournable pour décrocher le job qui leur fait vraiment envie, alors ils retrouvent le chemin de l'auto-école.

    Et si c'était une posture à faire nôtre dans ce monde où tout change tellement ? Que laisseriez-vous de côté parce que vous n'en voyez pas l'intérêt pour l'instant ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

     

  • Nouvelle culture

    Nos façons d'être en relation ont évolué
    avec l'arrivée des écrans

    Serge Tisseron* l'explique par l'émergence d'une culture des écrans comme il y avait une culture du livre. L'une et l'autre véhiculent des repères et des valeurs spécifiques. De l'une à l'autre se produisent 4 grands changements.

    enfant, livre, ordinateur

    Dans la relation au savoir

    • hier c'était la culture du Un (un seul lecteur, un seul auteur, imprimé c'est définitif...) et le savoir descendait verticalement,
    • aujourd'hui c'est la culture du Multiple (à plusieurs derrière l'écran, plusieurs créateurs, tout est provisoire...) et le savoir se déploie horizontalement dans des directions multiples.

    Dans la relation aux apprentissages

    • hier avec les dimensions Temporalité et Mémoire (pensée verbale linéaire, attention approfondie...) l'apprentissage se faisait par répétition,
    • aujourd'hui avec les dimensions Spatialité et Innovation (pensée en image spécialisée, hyper-attention, mémoire de travail...) l'apprentissage se fait par changement de stratégie et inhibition des apprentissages antérieurs.

    Dans la relation à l'identité

    • hier une Identité unique, stable conduisait, pour se protéger du conflit entre désirs et interdits, à refouler ses désirs,
    • aujourd'hui avec des Identités multiples, se protéger du conflit entre dépendance et séparation conduit au clivage.

    En matière de liens et de sociabilité

    • hier la proximité était Physique, avec ses proches, et l'on ne dévoilait pas trop son intimité pour préserver son appartenance au groupe,
    • aujourd'hui la proximité est motivée par le Partage d'intérêts, à travers toute la planète, et l'on cultive l'appartenance en exposant ses expériences les plus intimes (il se trouve toujours quelqu'un pour s'y reconnaitre !)

    Les deux cultures sont amenées à coexister

    Les deux cultures ont chacune des avantages : le livre permet de s'approprier son histoire, les écrans développent l'intelligence visiospatiale et la capacité à faire face à l'imprévisible...

    Les deux cultures sont amenées à coexister et les générations actuelles à s'enrichir mutuellement des ressources qu'elles tiennent de l'une et l'autre culture.

    Qu'avez-vous de précieux à partager et à recevoir ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    (*) je résume ici sa conférence dans le cadre du Club Stratégie et Avenir le 27 juin 2019 : Mieux comprendre les mutations sociétales et identitaires liées à la culture des écrans