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Lycéens Etudiants - Page 3

  • Juste un éclairage

    Professionnels de nombreux métiers, bénévoles au sein d'associations, proches dans des circonstances variées... nous sommes nombreux à offrir aux autres de les accompagner. Mais accompagner c'est quoi au juste ?

    La question nécessitait d'être éclaircie avec les participants en ce début de formation. Alors nous avons pris le temps d'évoquer de nombreuses situations et de faire la part des choses pour en arriver à cette belle représentation : accompagner, c'est être présent à côté de la personne et, quand elle en a le désir, avancer avec elle un bout de chemin, vers ce dont elle a besoin, en permettant des prises de conscience...

    Accompagner c'est marcher à côté un bout de chemin

    Accompagner, ce n'est donc pas conseiller. Qui n'a jamais été agacé par les conseils dont il n'avait pas besoin ? Accompagner, ce n'est pas non plus stimuler. Qui n'a pas attendu avec impatience qu'on le laisse tranquille ? Accompagner, c'est d'abord être – être présent à ce que vit la personne, adapter son attitude. C'est habituellement peu de mots – acquiescer, reformuler, poser une question simple. C'est parfois une invitation à explorer avec des questions. C'est rarement prendre la parole, plutôt la susciter.

    Une présence beaucoup plus que des mots

    Et en même temps, parfois, transmettre un peu de connaissances peut grandement aider.

    Ce jour là, j'écoutais Jean. Dans le cadre de son parcours en école d'ingénieur, du programme d'accompagnement professionnel des étudiants, il bénéficiait d'une séance de coaching. Je l'avais invité à aborder ce qui lui semblait important en ce moment et il me confiait son souci de réussir son année. Il redoublait suite à une année difficile : un décès dans la famille, des soucis de santé, un gros manque de motivation...

    Juste un éclairage (deuil).jpg

    Il restait pudique, et en même temps il avait visiblement besoin de déposer un fardeau, alors j'ai pris la parole et j'ai expliqué qu'il faut du temps pour faire un deuil, que pour la perte d'un proche c'est même généralement de l'ordre de neuf mois. En entendant cela, il s'est ouvert et a précisé qu'il s'agissait du décès de sa mère. J'ai accueilli avec pudeur, ajoutant seulement qu'un tel évènement était de nature à engendrer des perturbations conséquentes.

    Alors Jean a calculé. Il a remarqué que sa période difficile correspondait justement à ces neuf mois. Les choses se sont éclairées et il en a été grandement rassuré : il lui avait fallu ce temps pour rebondir et maintenant il pouvait retrouver confiance pour la suite de ses études.

    Le cadeau d'un éclairage

    Voilà, c'est tout. Jean avait juste besoin de cet éclairage pour relativiser ce qui lui était arrivé. Il pouvait maintenant repartir plus léger.

    Et vous, quelles sont les grandes ondes qui vous ont bousculées ces derniers mois ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    J'ai envie d'un éclairage

    Je prends RDV avec Paule

     

  • Libre de son corps

    Le conférencier développait différentes façons d'apprendre selon les personnes. Il évoquait celles qui ont besoin de bouger, illustrant son propos en décrivant celles dont le pied se balance sous la table tandis qu'elles réfléchissent : « Vous comprenez, c'est comme le balancier de l'horloge. Si vous le bloquez, l'horloge s'arrête. » L'image m'a choquée. C'est que j'ai souvent pesté contre ces jambes qui tressautaient sous la table. J'ai souvent eu envie de les stopper net !

    Certains ont besoin de bouger pour apprendre ou réfléchir

    Cela a probablement aidé à ce que, par la suite, je m'amuse de voir mon fils plonger la tête dans le canapé et dresser ses jambes vers le plafond pour apprendre sa leçon, ou encore tourner en rond tel un sioux autour de mon fauteuil tandis que je le faisais réciter.

    tête en bas;

    Je ne sais pas comment ça se passe habituellement à l'école mais j'imagine que cela s'est bien assoupli ces dernières décennies. En tout cas, lorsqu'après une séance de coaching collectif dans une grande salle où toutes les tables avaient été repoussées contre les murs, j'ai proposé aux étudiants de prendre un temps pour rédiger les acquis du semestre, je me suis beaucoup amusée des façons dont ils se sont installés, toutes plus originales les unes que les autres !

    Dans l'accompagnement individuel c'est aussi un paramètre important : le corps a besoin de se sentir libre pour laisser la transformation se faire.

    Le corps a besoin de se sentir libre...

    Évelyne m'a demandé si elle pouvait enlever ses chaussures. Bien sûr. Christophe gesticulait sans trouver son confort, mal au dos. Alors j'ai proposé de sortir marcher. Avec Nathan les mots ne venaient pas, pourtant il était motivé par cet accompagnement qu'il payait de sa poche. Là aussi nous sommes allés travailler dehors. Nous avons marché à grand pas, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige !

    ... pour laisser faire ou participer à la transformation

    Avec Juliette les conditions étaient peu favorables, nous n'avions que deux chaises dans un petit bureau mis à disposition pour l'occasion. Quand, au cours du travail, je l'ai invité à trouver son confort elle a gesticulé un moment avant d'oser me demander si elle pouvait s’asseoir par terre. Mais cela ne suffisait pas. Cassée par le sport elle avait mal partout. Alors elle a fini allongée sur le dos dans le petit espace entre le bureau et le mur. J'étais un peu gênée mais elle pas du tout !

    Quelles sont ces situations où vous aimeriez pouvoir vous mettre à l'aise pour mieux apprendre, réfléchir, goûter un moment d'émotion... ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    J'ai envie de déployer toutes mes capacités.

    Je prends RDV avec Paule

  • Accélération

    Il y a de nombreuses façons de constater que notre société évolue à grande vitesse. Pour ma part c'est au contact des jeunes que j'en prends le plus conscience. Cela fait six ans que je les accompagne dans leur orientation. C'est à la fois beaucoup d'expérience et pas tant d'années que ça. Pourtant, plusieurs fois déjà, j'ai remarqué comme des changements de génération.

    Des générations qui se succèdent

    La première fois j'avais sollicité une supervision car je m'inquiétais : certains lycéens n'adhéraient pas comme d'habitude à l'idée de se construire un projet. Cathy m'avait éclairée : ce n'est pas de ton côté qu'il faut chercher. Ce sont les jeunes qui ne sont plus les mêmes. Avec tous les collègues nous constatons la même chose. Beaucoup n'ont plus envie de se projeter dans un métier et même dans des études longues.

    Soit. Je prévenais déjà les parents que le projet de leur enfant risquait de changer plusieurs fois en cours de parcours... ce n'était plus le sujet. Changement de génération.

    Des adolescents en recul par rapport au monde des adultes

    Dernièrement j'ai été frappée par un nouveau constat. J'accompagne de nombreux étudiants lors de leur arrivée en école d'ingénieur après les classes préparatoires. Très souvent ils se sont concentrés sur la réussite des concours et ils n'ont pas encore vraiment réfléchi à leur avenir. Parfois ils ont déjà un vrai projet. Quoi de neuf dernièrement ?

    « Jusqu'à il y a quelques mois je savais exactement ce que je voulais faire mais quand je vois ce qui se passe... je n'ai plus envie, je ne sais plus ce que je veux faire. » Pour Morgane il est question d'informatique et c'est la privation de liberté qui l'effraie. C'est déjà le cas, insiste-t-elle. On est tous concernés !

    Des jeunes critiques par rapport à ce que nous leur proposons

    « Je ne suis pas spécialement attirée par ces disciplines mais quand je vois ce qu'on s'apprête à y faire je me dis qu'il faut absolument suivre ça de près, travailler dans le domaine pour savoir. » Pour Quentin il s'agit de bio-mécanique et c'est l'idée qu'on modifie l'être humain qui l'effraie. Ça risque de nous échapper, poursuit-il !

    Pas facile pour ces jeunes de se projeter dans l'univers professionnel avec cette conscience aiguë de ce qui se dessine et qu'ils rejettent, à l'image de la mobilisation massive de la jeunesse quant à l'avenir de la planète.

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    Un avenir qui leur appartient

    Ils nous bousculent et, plus que jamais, nous ne pouvons que les laisser inventer leur avenir. Personnellement cela force mon humilité tandis que je les accompagne dans leur orientation.

    Et vous, comment vivez-vous les interpellations des jeunes générations ?

    Paule Terreaux
    www.pauleterreaux.fr

    J'ai envie de cultiver l'ouverture.

    Je prends RDV avec Paule